PIETRO FABRIS :’VEDI NAPOLI E POI MUORI!’

12 October 2009 | Mieux comprendre | admin

Pietro Fabris fait partie de ces artistes dont la célébrité des oeuvres ont jusqu’à éclipsé leur noms.
Si ce peintre reste dans la mémoire napolitaine comme un des meilleurs veduttistes du XVIIIe siècle, sa carrière comme peintre d’histoire reste largement méconnue.
Sa notoriété fut double ; on le célébrait à Naples, comme peintre de la Cour Royale des Deux-Siciles, lui qui dépeignait les évènements importants de son époque; « le départ de Charles III pour l’Espagne » -aujourd’hui conservé au Palais Royal d’Aranjuez-, ou « le mariage de Ferdinand Ier », vers 1759 ; et il était recherché à Londres, où les gentilhommes revenant de leur Grand Tour se plaisaient à montrer la Baie de Naples magnifiée par sa main.

En effet, le destin de Pietro Fabris fut intimement lié à l’Angleterre. Il bénéficia, dès les années 1740, de la bienveillance et de l’amitié du Consul britannique à Naples, Sir William Hamilton, qui l’accompagnait lors de ses escapades d’études, où Fabris croquait les mille-et-un visages des volcans Vésuve, Etna, Stromboli et ceux des Iles Eoliennes.
Le mécène est souvent représenté dans les scènes de genre de l’artiste, où celui-ci croque la vie de la Cour, oisive et colorée ; on le voit notamment dans « Le cabinet de dessin de Lord Fortrose, à Naples », peint en 1770 et aujourd’hui présenté à la National Gallery d’Edimbourg.
Les jeunes gentilhommes anglais, fréquentant les salons du Consul au cours de leur traditionnel Grand Tour, furent rapidement charmé par le talent de Fabris. Ces luxueux touristes qui, au sortir de l’adolescence, voyageait à travers l’Europe afin d’y voir et d’y méditer les merveilles des temps anciens trouvaient une élégante façon de conserver des souvenirs de leurs passages en Italie en ramenant une œuvre du peintre. Ils appréciaient la manière du peintre de saisir toute la vie de la Cité, à travers la Cour et les évènements exceptionnels ; les fêtes religieuses, officielles, les drôlerie climatiques, comme sa fameuse « vue de Naples sous la neige », mais surtout à travers la vie quotidienne, la chaleur des marchés, l’animation des ports, la joie des nombreuses processions.
Le carnet de voyage de Sir Hamilton est -sur ce point- très caractéristique ; composé de cinquante-huit gouaches de l’artiste, on demanda de très nombreuses fois des rééditions en gravure, ce qui contribua à sa renommée.

Lui qui n’hésitait pas à signer quelques unes de ses œuvres d’un « Pietro Fabris, british painter », eut deux fois l’occasion d’aller à la rencontre de son public le plus fervent ; il exposa en 1768, à la Free Society et en 1772, à la Society of Artists. Le nombre important de ses émules napolitains donne une idée de sa notoriété de son vivant et même après sa mort, en 1792.

Pierre-Antoine Martenet

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