10 July 2009 | Notices biographiques | admin

Maître de peintures très graphiques et de décors monumentaux, André Maire compte parmi les grands noms du XXe siècle.
Né en 1898 à Paris, il suit, dès l’âge de onze ans, les cours de l’école de dessin municipale de la place des Vosges. Le peintre Emile Bernard devient alors son mentor, notamment après le décès de ses deux parents en 1917. La même année, il entame son service militaire en Indochine mais, bénéficiant d’un traitement de faveur, il le passe en tant que professeur de dessin au lycée Chasseloup-Laubat à Saigon. Il enseigne, il peint en s’inspirant des paysages qui l’entourent et il voyage durant son temps libre. André Maire gardera un souvenir empli d’émotions des temples et des ruines d’Angkor au Cambodge. C’est là qu’il se passionne pour les voyages, nourrissant ainsi son œuvre de croquis d’architecture, d’animaux et de personnages rencontrés au cours de ses périples.

En 1922, il visite l’Italie avec Emile Bernard avant de s’installer à Venise où il ouvre une galerie pour exposer ses propres œuvres jusqu’en 1928. Il épouse la fille d’Emile Bernard, Irène, qui lui donne deux enfants et son travail se vend avec succès.
En 1928 et 1929, il voyage en Espagne et en Belgique. Il postule par la suite pour la Casa de Velázquez qui est une école à Madrid permettant aux artistes français de compléter leur formation en Espagne comme ils le faisaient à la Villa Médicis de Rome. Etant reçu, il y séjourne de 1933 à 1935.
André Maire part pour l’Egypte en 1937. Il séjourne six mois au Caire et organise des expositions auprès de la bonne société anglaise. En mars 1938, il gagne la Haute Egypte, vers Karnak et Louxor. Enfin, il retourne au Cambodge en passant par l’Inde : Pondichéry, Ceylan, Bombay, Agra, Bénarès, Bhubaneshvar, Madras, Mysore… Un voyage exceptionnel pour l’époque mais qui n’effraie pas André Maire.
Il rentre en France en 1939 et est mobilisé pour la Seconde Guerre Mondiale.
Le Grand Prix de l’AOF (Afrique Occidentale Française), qu’il reçoit en 1946, lui permet de parcourir le Mali, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Sénégal. Puis de 1948 à 1958, il vit en Asie : Cambodge, Laos et Vietnam où il est professeur de dessin et de modelage à l’Ecole supérieure d’Architecture de Hanoï. Pour finir, il rejoint Madagascar en 1959 et visite également la Martinique en 1968.
André Maire termine sa vie entre Paris et Semur-en-Auxois en Bourgogne. Il continue à peindre principalement des paysages et des figures féminines. Son œuvre concernant la France est aussi très important puisqu’il a peint et dessiné Paris, Marseille, Avignon, la Normandie et bien sûr la Bourgogne.
Il s’éteint à Paris en 1984.
Manuella de Brondeau
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2009-08-14 à 2.24 pm
J’ ai vu l’ exposition d’ André Maire au musée départemental de Beauvais, impréssionnant mais ce que je ne comprends pas, pourquoi les ciels, qu’ ils se trouvent à Paris, en Asie, Afrique, Inde ou en général le soleil brille très souvent, ceux-ci sont toujours tourmentés ( sauf pour Paris) avec des rayons transperçant les nuages. Pouvez-vous m’ expliquer la raison de ce tourment ?
2009-09-06 à 10.10 am
Bonjour,
André Maire n’est pas un artiste de la réalité. Ses oeuvres sont construites, architecturées. C’est avant tout de l’art décoratif. Maire recompose la réalité, ne respecte volontairement pas les proportions réelles des éléments qu’il voit. Les monuments, les arbres, les ciels ou certains personnages sont magnifiés. Les couleurs changent selon les pays mais le style du graphisme (influence du Greco) se retrouve toujours, pour tous les sujets (un peu moins sur les natures mortes et encore… les coqs et les chiens…), depuis son retour du premier voyage en Indochine (premiers dessins d’Angkor -encre de chine). Les ciels d’orient sont effectivement un élément décoratif reconnaissable comme une signature dans son oeuvre.
André Maire est un Peintre ArtDéco. Quelques dessins sont en permanence dans une gallerie du Louvre des Antiquaires (a modello ou a tempera, je ne sais plus).
Meilleures salutations.