Eau-forte, lithographie, gravure, comment s’y retrouver?

9 juin 2008 | Mieux comprendre | admin

 

Eau forte, lithographie, gravure, comment s’y retrouver au milieu de ces terminologies et que recouvrent-elles? Quels sont les indices qui permettent de les distinguer et comment en pas se tromper avec d’acheter une gravure? Sylvie Collignon, expert en estampes anciennes et modernes et en gravures, accepte de nous apporter un éclairage historique, technique et artistique dans ce domaine.

L’estampe est le terme général désignant toute gravure sur bois, métal ou pierre. « Du grec graphein, le verbe graver englobe deux notions : celle de la création d’une image ou d’une idée à partir d’une représentation mentale, mais également celle de sa reproduction en plusieurs exemplaires ».
Production ou reproduction ?
Reproductible, la gravure l’est par essence, contrairement à une peinture. Elle avait pour objet de diffuser largement un tableau original afin de le faire connaître. A cette fin, de nombreux ateliers de gravures florissaient en France et aux Pays Bas. Il pouvait donc y avoir autant de sujets qu’il existait de tableaux.
Toutefois on peut aussi trouver des « estampes originales ». Celles-ci ne sont pas liées à un quelconque caractère unique car elles sont tout aussi vouées à la duplication. Il s’agit plutôt d’une notion de création artistique originelle. « Pour porter cette appellation, trois conditions s’imposent : l’artiste doit être à la fois l’auteur de l’idée, celui qui la transpose sur le support et également celui qui en suit l’impression. »
On parle enfin de « gravures d’interprétation », qui seraient en quelque sorte à mi-chemin entre les deux précédemment évoquées. Cette dernière gravure est élaborée par des artistes qui, s’inspirant d’autres œuvres, interprètent ces dernières.

La xylographie, gravures en relief

On ne peut pas dissocier l’histoire de l’estampe de celle de l’imprimerie. On a en effet très vite cherché à imprimer les images servant à illustrer les livres. Les premiers essais ont eu lieu en Allemagne avant Gutenberg puis se sont développés à la fin du 15ème siècle. Ils étaient exécutés alors à partir de supports en bois, selon le procédé de la xylographie. L’école allemande était la plus productive, avec notamment Michel Wohlgemuth, le maître de Dürer, qui illustra la Chronique du Monde de Hans Schedel. C’est avec lui que la gravure d’image prit son envol et son indépendance par rapport à l’impression de livres. »
« Avec la xylographie, c’est ce qui est en relief qui sera encré. » On ne sait pas combien d’exemplaires pouvaient être exécutés à partir d’un support en bois avant que celui-ci ne s’use, mais il est évident que la xylographie est la technique la moins résistante. « Ainsi dans les gravures sur bois de Dürer, voit-on apparaître des blancs qui correspondent au phénomène d’usure. Cette technique très florissante au 16ème siècle fut développée par Goltzius pour l’école flamande et par l’italien Hugo de Carpi qui réussit à décliner de superbes camaïeux. »

Les gravures sur métal, gravures en creux
Le principal avantage de la gravure sur métal est la résistance du support. A l’inverse de la xylographie, on parle de technique en creux puisqu’une fois la plaque de cuivre attaquée (selon différents procédés), l’encre étalée sur la plaque imprègne les creux, puis c’est en passant sous presse que la feuille de papier se teinte. « La marque de la presse laissant un léger relief sur la planche on peut ainsi aisément, au toucher, reconnaître une gravure sur métal. »
La technique la plus courante est le burin, sorte de petit scalpel chirurgical. » La difficulté de l’art doit être appréciée car chaque incision donnée doit être la bonne, l’artiste ne pouvant pas corriger contrairement à la lithographie. On reconnaît les gravures au burin à leur multitude de traits systématiques, à leur aspect plutôt rigide voire sévère. »
En revanche les eaux-fortes sont plus fluides, plus libres. Exécutée sur une plaque de cuivre ou de fer, cette technique est empruntée aux armuriers. Il s’agit d’un vernis protecteur posé sur la plaque de métal et sur lequel l’artiste dessine. Plongée dans un bain d’acide, la plaque va être attaquée aux endroits où le vernis a été enlevé par le dessin. Au 18ème siècle, il arrivait souvent que ces deux techniques, eau forte et burin soient combinées.

Il existe également la gravure à la pointe sèche qui consiste à tailler la plaque de métal à l’aide d’une tige d’acier aiguisée. A la différence du burin, elle ne creuse pas un trait net mais laboure le métal en laissant sur les bords du trait des barbes de métal qui retiennent l’encre et donnent « un aspect velouté à l’impression. »

 

Enfin, « à la fin du 18ème siècle, des artistes férus de technique tels que L.M. Bonnet ou Gilles Demarteau ont inventé la gravure dite « aux outils » qui permit de rendre un effet à la manière du crayon ou du pastel.




Les lithographies, dessins et impressions à plat

 

Dans l’exécution d’une lithographie, « technique découverte en 1796 par Senefelder, » l’artiste ne fait pas d’incision mais dessine sur une pierre calcaire au crayon gras. « Sur ce dessin l’encre d’impression, grasse elle aussi, viendra adhérer tandis que les parties qui doivent rester blanches sont imbibées d’eau et vont ainsi refuser l’encre. L’impression réalisée par une presse lithographique donne un caractère plat et sans relief apparent à l’estampe ainsi obtenue. En France, l’un des premiers à l’avoir utilisée est Goya (Les quatre Taureaux de Bordeaux), puis Toulouse-Lautrec a largement contribué à son rayonnement. »

Conseils aux acheteurs potentiels

Comment reconnaître l’authenticité d’une gravure ?
« Pour les estampes modernes, la signature avalise l’authenticité. Elle se trouve à droite de l’œuvre tandis qu’à gauche figure le numéro de tirage.Pour les estampes plus anciennes, un monogramme figurait la plupart du temps sous le sujet, puis sont apparues des mentions de noms d’artistes aux 17ème et 18ème siècles, de part et d’autre du titre. Toutefois il peut exister des épreuves d’essai ou d’atelier ne comportant aucune mention ce qui ne retire pourtant rien à leur intérêt ! »

Des sujets étaient-ils spécifiquement adaptés aux gravures ?

Aux 17ème et 18ème siècles, les grands siècles de la gravure, on retrouve des sujets très diversifiés tels que des portraits et sujets historiques, scènes religieuses, pastorales et scènes de genre. Les sujets étaient donc relativement larges.

Qu’est-ce qu’une « gravure d’état » ?

Il s’agit d’un stade d’élaboration d’une planche, d’un essai non encore abouti qui va amener l’artiste à retravailler le support, en ajoutant ou supprimant des éléments. « On connaît les états de certains artistes, tels que Rembrandt, Dürer, et plus proches Picasso et Chagall ». Ces gravures rares sont souvent appréciées par les collectionneurs pour leur aspect confidentiel et dans le but de comprendre la recherche et l’évolution du travail de l’artiste

Quels sont les critères de choix ?

« Il faut tout d’abord qu’elle soit en bon état, sans déchirures ni tâches, ni manque. Attention, au début du 20ème siècle beaucoup d’encadreurs coupaient ou collaient les gravures.

Il faut aussi qu’elle soit numérotée, même si la notion de tirages limités est très récente puisqu’elle date du 20ème siècle. Chez les artistes contemporains, le plus fréquemment 50 à 75 planches sont produites, les tirages n’excédant en général pas les 200 numéros. Les exemplaires sont en revanche plus nombreux pour les gravures d’interprétation, leur nombre pouvant monter jusqu’à 500 numéros. »

Mais surtout, il faut avoir le coup de cœur ! » Pour être sûr d’acheter une œuvre qui nous plaît, le meilleur moyen est de l’imaginer chez soi. Alors avis aux amateurs… et pourquoi pas commencer par flâner sur Expertissim ?

3 commentaires pour “Eau-forte, lithographie, gravure, comment s’y retrouver?”

  1. patrick d'ollone dit :

    En fin de compte que conseillez-vous d’acheter? ou ne pas acheter?

  2. Amorosart dit :

    Bravo pour ces éclaircissements! Pour les collectionneurs, et ceux qui souhaitent acheter des estampes, lithographies gravure etc. Il existe un portail français ou s’échangent des lithographies de grands maîtres du 19e et 20e siècles telles que chagall, braque, barcelo, picasso etc. il s’agit du site http://www.amorosart.com, vous pourrez y trouver des conseils de professionnnels de l’art pour vous guider dans vos achats.

  3. richou dit :

    bonjour jai acqueri une gravure avec trois nom jp altman . photo c delorme .c jobin grapholith paris.elle represente johnny hallyday et signer de sa main le papier et epais et gras.et d’apres cette gravure les bordure sont blanche et la gravure deborde tres legerement sans enpieter la bordure.merci d’avance si vous pouvier m’aider je croit que ses sa premiere litho il en exciste une centaine d’excenplaire mais a cette epoque johnny n’avait pas signer toute ses gravure.et donc n’ont jamais etait a la vente car un ami a heriter de l’editeur monsieur jp altman.cordialement a vous.richou andre

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