MORT DE ROBERT RAUSCHENBERG, BEAUCOUP PLUS QU’UN PRECURSEUR DU POP-ART
28 mai 2008 | Actualité | Tanguy Sauvin
Robert Rauschenberg s’est éteint ce lundi 12 mai à l’âge de 82 ans dans sa maison de Captive Island au Texas. Il disparaît à deux jours de la première vente majeure d’une de ses œuvres.
Considéré comme un des précurseurs du pop-art, il essayera toute sa vie de s’en détacher :
“Le pop art veut que l’objet reste objet en soi, dans son lieu propre, avec sa marque propre et son usage propre. Alors que, dans mes premiers travaux, j’étais déjà plus attaché à le transformer. “
Né le 22 octobre 1925 au sein d’une famille pauvre, sa jeune vie le destinera tout d’abord à une carrière de pharmacien qu’il débutera d’ailleurs dans le Navy Hospital lors de la deuxième guerre mondiale. Il se ravisera en 1947 en débutant des études d’arts au Black Moutain College, puis à l’Académie Julian à Paris et enfin à l’Art Student League où il rencontrera Josef Albers, qu’il décrira ensuite comme l’homme qu’il lui aura ouvert les portes de l’art.
Fasciné par Duchamp et soutenu par son maître, sa peinture radicale s’ouvrira sur une première exposition en 1951 à New-York. Cette exposition, présentant des peintures blanches (”White Paintings”), ne déboucha sur aucune vente et fit scandale dans les milieux artistiques. Cette première exposition fut donc un échec mais dévoila au monde les prémisses de ses possibilités.
Il rencontra ensuite Léo Castelli, un marchand d’art, qu’il lui permit de trouver une première fois la notoriété lors d’une exposition de vingt “Combines Painting” ou ‘Combines’ alliant l’image, objets ou matériaux en tous genres.
Après une participation à la biennale de Paris en 1959, le véritable tournant de sa carrière vint lors de la Biennale de Venise où il reçut le Grand Prix de peinture, honneur n’ayant jamais été dispensé à un artiste américain auparavant. Cette récompense, qui lui offrira bientôt une renommée mondiale, marquera également l’essoufflement de l’intérêt pour les artistes français et l’exposition au grand jour des artistes américains.
Il assista d’ailleurs au décollage d’Apollo 11 en 1969, qui donnera lieu aux lithographies Stoned Moon, à la suite de la création d’un groupe favorisant l’échange entre les artistes et les ingénieurs (Experiments in Art and Technology).
La fin de sa vie fut marquée par la montée de la valeur de ses œuvres sur le marché de l’art qui passèrent régulièrement le million de dollars en 2006. Il distribua son argent en faveur de la recherche médicale, en soutien de la cause des femmes et des enfants et, même au parti démocrate républicain.
A deux jours près, il n’aura pas pu voir la vente de Overdrive qui partie pour 13 millions d’euros chez Sotheby’s ou de Slug pour 2,5 millions d’euros le 14 mai 2008.
On peut retrouver plusieurs de ses œuvres au MoMA, musée d’art moderne de New-York.




2008-06-02 à 3.56
Je le connais bien, il a été à l’origine de l’intérêt des européens pour les américais. Personnellement, je trouve que le pop-art même s’il s’attaque au showbiz est dans le showbiz. Ca me parait paradoxal. Enfin bon…
2008-06-07 à 12.37
Ces américains et les marques !
Je me demande ce qu’il aurait pensé des prix auxquels se sont vendus ses œuvres ! Reste qu’effectivement, il avait vraiment beaucoup de talent, pour un pharmacien !