EXPO PARIS : KATSUSHIKA HOKUSAI, LE FOU DE DESSIN AU MUSEE GUIMET

26 mai 2008 | Expositions | Tanguy Sauvin

EXPO PARIS : KATSUSHIKA HOKUSAI, LE FOU DE DESSIN AU MUSEE GUIMET

Du 21 mai au 4 août 2008

Katshshika Hokusai (1760-1849) est mis à l’honneur par le musée Guimet lors d’une exposition d’un peu plus d’une centaine d’œuvres de sa main mais propose également de retracer l’historique de la constitution de ces collections en Europe. Cet événement, en outre, s’inscrit dans le cadre du 150ème anniversaire de l’ouverture des relations diplomatiques entre la France et le Japon.

Reconnu pour avoir été l’un des trois artistes majeurs japonais ayant influencé l’occident dont Félix Bracquemond aura été le premier expérimentateur, puis Van Gogh, Gauguin ou Monet qui lancèrent le mouvement du japonisme. Ce mouvement eu de grandes répercussions en Europe au cours du XIXème et sera par la suite une des bases de l’art nouveau. Il est à remarquer que Hokusai a été, au contraire, dénigré au Japon, où son art, l’ukyo-e, représentant des scènes du peuple puis des paysages ne trouvait pas la considération des élites japonaises.

Il a été particulièrement reconnu pour une série de 46 estampes représentant le mont Fuji sous différents angles et différentes époques. Cette série est aujourd’hui extrêmement renommée de part le fait qu’elle représente l’intégration des influences occidentales, en particulier l’utilisation de la perspective, dans l’art japonais et aura été à l’origine de l’intérêt des peintres européens pour les productions du pays du soleil levant. Elle marque également les débuts de l’utilisation du Bleu de Prusse, importé depuis la Hollande, qui connu un succès considérable chez les artistes japonais du fait de sa durabilité, de son éclat mais surtout car il apportait un renouveau à la palette de teintes autorisées par la censure impériale.

Il a également produit quelques estampes à caractère érotique (des shungas) qui se trouvaient bien souvent être le seul moyen de survie pour la plupart des artistes de l’époque. Le genre était tellement connu que l’objet le plus représenté dans les shunga : les courtisanes de Yoshiwara (un quartier de plaisir très réputé à Edo et destiné essentiellement aux hommes les plus riches) avait fait de ces femmes des idoles fascinantes pour les japonaises de l’époque et des objets de désir inaccessibles pour les hommes. Certains comparent ce quartier à l’Hollywood d’aujourd’hui pour la renommée de ses principaux acteurs.

Hokusai naquit dans le quartier de Warigesui, dans une zone rurale, et est rapidement abandonné par ses parents. Alors qu’il n’a que trois ans, un artisan l’adopte et est immédiatement étonné par ses aptitudes pour le dessin et sa curiosité très prononcée pour la peinture. A treize ans, il intègre un atelier de gravure sur bois puis, autour de ses dix-huit ans, l’atelier d’un maître d’estampes d’ukyo-e spécialisé dans les portraits d’acteurs. Il s’y épanouit rapidement et y réussit très bien, mais, après la mort de son maître, il quitte l’atelier du fait d’un désaccord avec le nouveau maître.

Il s’ensuit une période de pauvreté dans laquelle il va perfectionner ses talents mais aussi fréquenter des hollandais, seuls autorisés à amarrer à Nagasaki. Il intègre ensuite, vers 1794, une école classique dans laquelle il aura ses premiers succès. C’est à cette époque qu’il signera certains de ses travaux par la formule Gakyojin, « le fou de dessin ». Il réalisera d’ailleurs une toile monumentale de 240m² pour le temple d’Edo, ce qu’il refera d’ailleurs par la suite en 1817.

Il retourne ensuite vers 1836 à Edo lors de la Grande Famine, il y survit en échangeant ses œuvres contre un peu de nourriture. Il écrira à peu près à cette époque une phrase qui figurera bien son état d’esprit :

« Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole. Ecrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin. » Katsushika Hokusai, Postface aux cent vues du mont Fuji.

En 1939, un incendie dévaste son atelier et c’est à cette époque qu’il décide de produire au moins un dessin par jour, rituel qu’il conservera durant les dernières années de sa vie.

Il meurt le 10 mai 1849 en laissant quelques 30 000 dessins. Ses dernières paroles furent : « Encore cinq ans et je serais devenu un grand artiste. ».

Un commentaire pour “EXPO PARIS : KATSUSHIKA HOKUSAI, LE FOU DE DESSIN AU MUSEE GUIMET”

  1. Michaël dit :

    Je crois qu’il a été également l’inventeur ou au moins à l’originie du manga, cela me paraît assez intéressant pour être spécifié…

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