INVESTIR : Nos sites préférés pour acheter des objets d’art sur Internet
11 février 2008 | Expertissim et la presse | adminIl est tout à fait possible d’acheter des objets d’art sur Internet sans craindre de se faire piéger, à condition de se tourner vers des sites offrant des garanties sérieuses.
La toile fait désormais partie de notre vie quotidienne et nous sommes de plus en plus nombreux à effectuer nos achats en ligne, et même à y dénicher des objets d’art, des meubles, des bijoux, des autographes, des estampes…
A première vue, le choix est large et les bonnes affaires abondent. Toutefois, les déceptions ne manquent pas. ” Il nous arrive régulièrement de retrouver sur Ebay des photographies de lots présentés au même moment sur notre site de vente en ligne“, explique Serge Hervouin, le créateur du site Svv-enchères. Photographies qui disparaissent bien sûr après intervention auprès des responsables d’Ebay. Philippe Salmon, responsable de Collectoys a eu à maintes reprises la surprise de découvrir, déjà affichés sur Ebay, à des prix dépassant de loin ses estimations, des jouets figurant dans les catalogues de ses ventes à venir. Si certaines escroqueries sont tuées dans l’œuf, grâce à la vigilance des internautes, d’autres, sans doute, réussissent bel et bien.
De façon générale, sur la plupart des sites, les objets présentés n’ont pas été authentifiés par des experts ou des hommes de l’art, et leur description ne permet guère de savoir si l’on est en présence d’une pièce originale, d’une contrefaçon ou d’une copie plus ou moins récente. “Pour les verreries, par exemple, les acheteurs ne disposent que d’une photographie approximative ne permettant pas de se rendre compte de la qualité des pièces, et il est en générale impossible de dire s’il s’agit d’une contrefaçon, faute de pouvoir toucher ou d’approcher ces pièces” résume Sylvie Teitgen, commissaire-priseur à Nancy.
Une activité croissante
Pour acheter sans risque, il est plus prudent de privilégier les sites offrant des garanties semblables à celles des maisons classiques. Bien que les sociétés de ventes françaises aient des difficultés à sortir de leur registre et à imaginer qu’une part croissante de leur activité se réalisera à l’avenir sur Internet, quelques-uns ont tenté le pari.
C’est le cas de Collectoys (www.collectoys.com), implanté à Bourges et spécialisé dans les jouets anciens, du XIX siècle à nos jours. “Nous sommes les premiers à avoir lancé en France notre site de ventes en ligne, en mai 2002, rappelle Philippe Salmon. Nous organisons à la fois des ventes adossées à une vente en salle et des ventes menées exclusivement en ligne. Avec catalogue et date limite. Certaines se déroulent sur une durée de dix jours, durant laquelle les enchères montent petit à petit, et d’autres n’excèdent pas la durée habituelle d’une vente en salle.”
Fait étonnant, les acheteurs, apparemment très à l’aise dans ce monde virtuel, n’hésitent pas à pousser les enchères très haut. Le 17 septembre dernier, un internaute passionné s’est battu contre un amateur en salle jusqu’à 15 600 € pour emporter une Citroën Rosalie à l’échelle 1/43, qui avait été estimée, modestement il est vrai, 160-180 €, se félicite Philippe Salmon, qui souligne que le montant moyen des enchères en ligne, chez Collectoys, avoisine les 150 €, au lieu des 40 € relevés en moyenne sur Ebay.
Des frais allégés
A la différence de Collectoys, axé sur les jouets anciens, svv-enchères est un site généraliste, où l’on peut trouver toutes sortes d’objets, notamment des bijoux, des livres, des objets de vitrine, des luminaires, des tableaux… Le site propose peu de meubles, car leur livraison entraîne des frais de transport importants. Piloté par des commissaires-priseurs, svv-enchères rassemble une vingtaine de maisons de vente, essentiellement situées en province, à Aix-en-Provence, Chartres, Clermont-Ferrand, Dijon, La Rochelle, Pont-Audemer, Reims etc… “Notre site, lancé en septembre 2006, attire de 7000 à 8000 visiteurs chaque semaine, explique Serge Hervouin. 60% des objets mis en ligne trouvent preneur, la durée des ventes étant d’une semaine, et la moyenne des adjudications s’élève à 120 €.” Précisons que les frais réglés par les acheteurs en ligne sont fixés à 15% seulement, ce qui est en deçà des tarifs pratiqués à l’occasion des enchères conventionnelles, lesquelles tournent autour de 18% en province, et de 20%, voire plus, en région parisienne.
Dernière-née des sociétés de ventes en ligne, Expertissim (www.expertissim.com) a vu le jour le 21 décembre dernier. Ses fondateurs, Igor Montoussé du Lyon et Gauthier de Vanssay, ont choisi de proposer des objets couvrant pratiquement toutes les spécialités du marché, dans une gamme de prix allant de 200 € à 25 000 € environ. “Point important : tous ces lots sont authentifiés et décrits avec précisions par des experts qui engagent leur responsabilité“, souligne Igor Montoussé. Ces experts indiquent également une fourchette d’estimation. Mis en vente à l’estimation haute, l’objet baisse ensuite, de façon régulière et systématique, jusqu’à atteindre l’estimation basse, s’il ne trouve pas preneur.
Un marché mondial
Ce processus de vente se déroule “durant un délai fixé actuellement à trois mois mais qui devrait se raccourcir […] Le mécanisme est donc bien différent de celui des ventes aux enchères“, explique Igor Montoussé. Pour le vendeur, l’intérêt est double : le marché est mondial et il n’a pas à s’acquitter de frais de vente. L’acheteur en revanche paye des frais s’élevant à 20%. Précisons également que les objets mis en vente sur Expertissim peuvent être vus, sur rendez-vous.
Noëlle Joly




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